Pourquoi partir pour un voyage au long cours?

Les raisons qui nous poussent à larguer les amarres

« Le voyage est un retour vers l’essentiel. » Proverbe tibétain

On parle en général de voyage au long cours lorsque l’on part plus de 2 ou 3 mois. Il ne s’agit donc plus de simples vacances pour découvrir une région du monde mais bien d’un véritable projet de vie qui nécessite souvent plusieurs années de réflexions et de préparatifs pour voir le jour.

« Un an de congé sans solde pour aller marcher et refaire le monde devrait être un droit inaliénable. Le bénéfice que la société en retirerait serait inestimable. Bénéfice pour la santé, pour le moral, pour la planète. Ce serait une sorte de service humanitaire. » Alexandre Poussin, Marche avant.

Notre histoire

La première fois que j’ai expérimenté ce type de voyage c’était en 2007, en Mongolie avec mon frère. Pendant cet été là, nous avons traversé l’Arkhangai à cheval en autonomie totale. Nous avons appris lors de cette aventure à voir moins de choses mais à les voir mieux, à prendre le temps de vivre simplement, de se parler, d’aller à la rencontre des autres. Lenteur, sobriété, échange.

En 2008, Pedro et moi, nous partons 3 mois en Inde et en Chine pour un voyage en sac à dos, en itinérance. A l’époque, nous ne nous connaissions que depuis 6 mois. Il n’y a pas de meilleure façon à mon sens pour découvrir l’autre. Nous avons scellé le début de notre relation en gravissant ensemble les milliers de marche du mont Emei, éprouvé l’intensité de nos sentiments sur les berges du Gange, apprivoisé notre confiance réciproque dans les montagnes du Sichuan. Nous avons parlé, beaucoup parlé… et nous nous sommes promis qu’un jour, nous partirions ensemble pour un voyage encore plus long.

La réaction des proches

HRP-243Contrairement à ce que l’on pourrait croire, annoncer son projet de partir ailleurs pour un peu plus d’un an ne provoque pas que des réactions positives, loin de là. Nous avons dû faire face à l’incompréhension de nos proches, notamment de notre famille. L’argument qui est souvent revenu : « vous allez gâcher votre carrière professionnelle ». Ah, la sacro-sainte carrière… Elle justifierai à elle seule tous les sacrifices. Sur le coup, nous avons été étonné et cela nous a paru d’autant plus injuste que Pedro et moi nous n’avons pas chômé ces sept dernières années : reprise d’études supérieures puis poste de cadre à responsabilité pour l’un, installation en tant que libérale et développement d’une activité en forte croissance, pour l’autre. Nous avons donné toute notre énergie à notre vie professionnelle, en ne comptant jamais nos heures et en vivant au rythme des réussites et parfois des échecs de nos carrières. Nous sommes fiers de ce que nous avons fait. Cela nous a apporté beaucoup en terme de développement personnel. Nous avons appris énormément de choses au travers de ces expériences professionnelles. Nous serons heureux au retour de reprendre une activité. Nous n’abandonnons pas, nous faisons une pause, nous avons besoin d’un temps pour nous, d’un temps pour se pencher sur le monde.

Jungfrau-53Les nombreuses discussions avec nos familles nous ont permis de comprendre qu’il y avait aussi d’autres raisons expliquant leur crainte de nous voir partir: l’insécurité liée aux pays traversés et à l’isolement dans des zones sauvages, l’éloignement, la peur que nous revenions changés et que nous perdions nos repères avec de possibles conséquences sur notre réinsertion au retour, l’horloge biologique et l’impatience de certains à voir arriver des petits-enfants dans la famille. Nous avons essayé, du mieux que nous pouvions, d’écouter, de comprendre, d’expliquer et de rassurer. Aujourd’hui à quelques semaines du départ, il semble que les inquiétudes s’apaisent peu à peu. Nos familles nous accompagnent et nous soutiennent dans ce projet, nous savons que nous pouvons compter sur eux.

De notre côté, nous étions surtout inquiets à l’idée de peut-être ne pas pouvoir partir. Ce projet nous tient vraiment à coeur. Il nous a fallu beaucoup d’énergie et de conviction pour passer un à un les différents obstacles professionnelles, sociaux, ou logistiques. Ceci dit, ce fût un bon test pour savoir si la motivation était bien réelle. Cela nous a aussi amené à approfondir les raisons qui nous poussent à prendre le départ.

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Alors pourquoi fait-on cela?

« On voyage pour que les choses surviennent et changent; sans quoi on resterait chez soi. » Nicolas Bouvier.

Une petite précision d’abord, nous ne fuyons rien ni personne. Pedro et moi, nous sommes profondément terriens et enracinés. Nous nous sentons bien là où nous vivons. Nous avons tissé des liens amicaux forts avec notre entourage, nous nous impliquons dans des associations, nous habitons dans un lieu magnifique dont nous ne cessons de nous émerveiller chaque jour, nous pouvons compter sur nos familles. Nos racines sont nos ressources. Mais alors, pourquoi? Pourquoi se faire violence pour partir? Parce qu’un jour le désir d’ailleurs est plus fort. On part, non pas pour fuir mais pour chercher et apprendre. Ce n’est pas une fuite, c’est une quête. Nous sommes le fruit de nos racines et de nos expériences, l’inné et l’acquis. Le voyage est un outil d’apprentissage formidable, nous essaierons de trouver des réponses en marchant.

Et vous, avez vous déjà rêvé de partir pour un voyage au long cours? Ressentez-vous des freins à la réalisation d’un tel projet? Qu’est ce qui vous attire dans le fait de partir à l’aventure?

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