La marche, ça creuse!

Vous êtes plusieurs à nous avoir posé des questions sur notre alimentation pendant le voyage. Se nourrir correctement et suffisamment lorsque l’on marche en autonomie est en effet un point crucial.

A table

A table

Cuisine improvisée

Cuisine improvisée

Pour pouvoir fournir un effort physique conséquent sur une longue durée, il est nécessaire d’apporter à l’organisme un niveau constant de carburant à brûler. En temps normal, dans une vie sédentaire, une femme a besoin d’environ 2000 calories par jour et un homme 2500 environ. Lors d’une randonnée, il faut compter + 20% environ. Mais cela peut être davantage si par exemple il y a beaucoup de dénivelés ou si les températures extérieures sont basses. Ces calories se trouvent surtout dans les glucides mais les lipides et les protéines sont aussi des sources d’energie interessantes. Dans une activité physique d’endurance comme la marche, l’apport glucidique sous la forme de sucres lents (index glycémique faible) doit être privilégié. On les trouve dans les féculents et les légumineuses. Cependant, les sucres rapides sont utiles pour leur effet coup de fouet. Nous en consommons en cas de sensation de fatigue ou bien à l’approche d’un col difficile par exemple. Pour conserver un taux de sucre dans le sang le plus stable, l’idéal est de répartir la consommation des aliments tout au long de la journée de marche, en plusieurs petits repas de quantité homogène. Lors d’un voyage à pied, on ne mange donc pas du tout comme on le fait d’habitude chez nous. Nous ne faisons notamment pas de pause déjeuner car la digestion est une phase très consommatrice en énergie, d’où la fatigue post-prandiale que l’on connaît tous. Autre règle : nous n’attendons pas d’avoir faim pour manger afin de ne pas trop puiser dans nos réserves. Nous essayons d’avoir un apport de carburant en flux tendu. Le soir, nous consommons des sucres lents au moins 12 heures avant de reprendre un effort physique, ce qui laisse le temps au corps de refaire ses stocks.

Pedro en pleine préparation d'une soupe

Pedro en pleine préparation d’une soupe

Nous choisissons les aliments selon différents critères : un apport nutritionnel optimal, le poids, la conservation, la variété, la disponibilité en fonction des pays traversés, et enfin, le plaisir gustatif. De manière générale, nous privilégions donc les aliments au haut pouvoir énergétique, deshydratés ou en tout cas, se conservant à température ambiante. Après chaque ravitaillement, nous nous débarrassons des emballages d’origine et nous reconditionnons tout dans des sacs congélation.

Sophie sur la plage de Cape Reinga

Sophie sur la plage de Cape Reinga

Voici notre menu type (les quantités sont par personne) :

Petit-déjeuner : 100 g de muesli + 30 g de mélange fruits secs et noix + 1 cuillerée à café de sucre + 750 ml de thé vert à la menthe

En-cas 1: 30 g de fruits secs (bananes, abricots, figues)

En-cas 2 : 40 g barre de céréales

En-cas 3 : 60 g de crackers type Wasa + Fromage frais à tartiner type St Moret

En-cas 4 : 60 g oeuf dur

En-cas 5 : 40 g barre de céréales

En-cas 6 : 30 g de fruits secs (bananes, abricots, figues)

Dîner : 125 g de riz ou de pâtes + 20 g de lentilles corail + 10 g d’huile d’olive + condiments au choix (ail, sauce tomate, olives, sel, poivre, herbes aromatiques)

Dessert (le p’tit plaisir) : 20 g chocolat noir

Ce régime peut paraître un peu ascétique mais nous nous y sommes habitués et il nous convient plutôt bien. Lors de nos arrêts, on a quand même tendance à se ruer sur les légumes frais. La viande, assez bizarrement, ne nous manque pas plus que ça. Nous regrettons un peu les fromages français qui ravissaient nos papilles lors de notre traversée de France jusqu’en Ariège. Du côté des boissons, l’eau est de rigueur dans notre quotidien de marcheur au long cours mais nous apprécions d’autant plus les rares occasions qui se présentent de boire un bon verre de vin ou une bière bien fraîche. Notre foie est donc au repos… pour quelques temps au moins!

Pause déjeuner pour Pedro

Pause déjeuner pour Pedro

Commentaires de Facebook

Commentaires du site

  1. segault
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    Avec votre alimentation de moines tibétains, vous risquez d’attraper une tourista en revenant en France!
    Concernant les protéines animales, il va peut-être falloir revoir vos projets …
    Ca doit trotter dans la tête j’imagine.
    A bientôt.

    • Pedro et Sophie
      Répondre

      Ah oui Clément tu as raison! La place de la viande se pose surtout lorsque l’on arrive à réaliser autant de kilomètres sans en manger. Mais je milite pour une réduction importante des quantités de viande au profit d’une amélioration drastique de la qualité gustative (comme les beaux quartiers ou le Baronet) et une amélioration du rapport éleveur / animal au profit d’un meilleur être pour l’animal. Elevage bio sûrement, « grass feed » obligatoire et 100%!!
      Tu as du feeling pour ressentir cela, bravo.

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