Du 6 au 24 février : Le Sud de la Patagonie 283 km

Après la Nouvelle-Zélande, nous avons mis le cap vers l’Amérique du Sud. Nous avons retrouvé Philippe et Laurence, mes parents, qui nous ont fait le plaisir de marcher un bout de chemin avec nous pendant ces trois dernières semaines. Direction la Patagonie ! Cette région, la plus australe de l’Amérique du Sud se situe sous 40° de latitude sud et se partage entre le Chili, à l’Ouest et l’Argentine, à l’Est.

Panorama sur le Lago Argentino

Panorama sur le Lago Argentino

Dans la petite ville argentine d’El Calafate, cela fait déjà quelques années que le tourisme a permis aux grandes estancias (fermes) spécialisées dans l’élevage du mouton de se reconvertir en lodges luxueux pour clients fortunés. Pourtant, l’élevage ovin est encore très répandu en Patagonie ; et pour cause, le mouton est à peu près le seul animal, avec les rustiques chevaux de race Criollos, à pouvoir vivre et se nourrir dans les immenses steppes désertiques qui s’étendent ici à perte de vue. Malgré une forte chute des prix de la laine, le Merinos continue de bien se vendre à l’exportation. La viande, elle, est en bonne partie consommée dans le pays car l’Asado de Cordero (grillade de viande de mouton) a une place très importante dans la culture locale. Cette technique de cuisson longue consiste à crocher une carcasse ouverte en deux sur un pique en métal et à faire rôtir la viande autour d’un feu de bois. Un régal pour les amateurs de mets carnés ! Nous avons eu la chance d’assister à la Doma d’El Calafate, une foire annuelle où les gauchos mesurent leur dextérité dans des jeux équestres traditionnels. Les gauchos, figures emblématiques de la Patagonie, sont des cavaliers qui gardent les troupeaux de moutons dans les estancias. Ils travaillent toujours à cheval. La culture Gaucho se compose de coutumes et de traditions à part entière.

Doma Gaucho

Doma Gaucho

Cheval de race Criollo

Cheval de race Criollo

Harnachement traditionnel

Harnachement traditionnel

Asado

Asado

A notre arrivée à El Calafate, nous prenons quelques jours pour explorer en étoile les environs. Nous commençons par une belle promenade dans la réserve naturelle de Laguna Nimez, sur les rives du Lago Argentino, où nous observons de nombreux oiseaux : Flamands roses, Ibis à face noire, Caracara chimango, cygne à cou noirs, oies, canards… Nous ne manquons pas bien-sûr d’aller admirer le fameux glacier Perito Moreno dans le Parc Nacional Los Glaciares. Il s’agit d’un des plus grands de la planète : 30 km de long, 5 km de large, 60 m de haut. Ce géant a aussi la particularité d’être en constante avancée. L’aménagement de passerelles métalliques permet de s’approcher au plus près et d’admirer les mille nuances de reflet bleu de la glace. De temps à autre, d’enormes blocs se disloquent de la paroi et tombent en un grand fracas dans le Canal de los Tempanos, formant des icebergs. Le glacier craque, gronde, se déchire dans un spectacle grandeur nature. On se sent petit, petit, petit.

Lago Argentino

Lago Argentino

Laguna Nimez

Laguna Nimez

Oie sauvage

Oie sauvage

Busard Bariolé

Busard Bariolé

Ibis à face noire

Ibis à face noire

Glacier Perito Moreno

Glacier Perito Moreno

Dans la partie Sud du Parc de Los Glaciares, nous passons quelques jours à El Chalten pour explorer le massif du Fitz Roy. Les indiens avaient nommé cette montagne du nom Tehuelche « El Chalten » qui signifie « montagne qui fume », à l’image des nombreux nuages qui voilent souvent la cime. Il paraît que les premiers explorateurs européens ont même cru au départ pour cette raison qu’il s’agissait d’un volcan. Le Fitz Roy (3405 m) et le Cerro Torre (3102 m) sont des montagnes mythiques pour tous les passionnés d’alpinisme. En dépit de leur altitude modeste, leurs parois granitiques verticales sont parmi les plus difficiles au monde à gravir. Il faut dire aussi que les conditions climatiques redoutables qui règnent dans le secteur n’offre pas beaucoup de fenêtres pour pratiquer l’ascension dans de bonnes conditions. Le Cerro Torre, en particulier, avec sa calotte de glace qui recouvre la partie sommitale, a fait l’objet de multiples tentatives d’ascensions vaines entre 1959 et 1974. Nous randonnons cinq jours autour d’El Chalten. Les paysages sont d’une grande variété : forêt, cathédrales de granit, immenses glaciers, rivières, chute d’eau. Parmi les espèces d’arbres, nous retrouvons les fagacées (Hêtre) que nous avions observé en Nouvelle-Zélande, comme le ñire (Nothofagus antarctica). Nous marchons aussi dans des zones de steppes. La steppe patagonne est composée de petits arbustes, comme le Calafate qui produit de petites baies semblables aux myrtilles, et d’herbes rases, formant des îlots épars et clairsemés. De très beaux lacs de montagnes se cachent au fond des vallées, au pied des glaciers et des grandes parois granitiques du massif.

Mirador de los condores - Lago Viedma

Mirador de los condores – Lago Viedma

Steppe et forêt Patagonne

Steppe et forêt Patagonne

Laguna Torre

Laguna Torre

Chorillo del Salto

Chorillo del Salto

Massif du Fitz Roy

Massif du Fitz Roy

Vue sur le Fitz Roy 3405m

Vue sur le Fitz Roy 3405m

Rivière et forêt de nire

Rivière et forêt de nire

Nous rejoignons ensuite la partie chilienne de la Patagonie pour une marche d’une semaine dans le Parque Nacional Torres Del Paine. Ce parc de 181 000 hectares, aves son spectaculaire massif montagneux des Paine et ses fameuses aiguilles granitiques, les Torres, est le paradis des randonneurs. Son succès est tel qu’il a entraîné malheureusement une certaine sur-fréquentation ces dernières années. Néanmoins, les aménagements des sentiers, la priorité donnée à la protection de la faune et de la flore, et les paysages immenses, font que chacun peut contempler à son rythme la nature sans avoir l’impression de se marcher les uns sur les autres. Le seul bémol serait peut-être des infrastructures un peu justes en terme de taille pour accueillir les marcheurs le soir dans les refuges ou sur les aires de bivouac. Sanitaires surpeuplés et tentes collées serrées – on se croirait parfois au camp de base de l’Everest – sont le prix à payer si l’on veut découvrir ce magnifique parc. Il faudra aussi accepter de braver une météo très capricieuse du fait de l’exposition du massif aux perturbations océaniques. Les vents d’ouest sont entêtants et l’humidité constante. Nous étions préparés à ces conditions. Pour se mettre dans le bain, nous avions notamment visionné quelques temps auparavant l’excellent documentaire « Sur le fil de Darwin », récit d’une expedition de six alpinistes sur la cordillère de Darwin, une très belle aventure humaine que nous vous conseillons. Le paysage du massif se compose de vallées glaciaires, en forme de « U » et de cirques. Comme dans le Parque Nacional de Los Glaciares, nous pouvons nous approcher au plus près des glaciers. En effet les glaciers de Patagonie ont cette caracteristique unique au monde de descendre jusqu’au niveau de la mer. Nous admirons le glacier Grey, presque seuls au monde perchés sur un bras rocheux qui s’avance au milieu d’un grand lac. Le temps fluctuant nous laisse entrevoir les quatre saisons en une seule journée. Les pics jouent à cache-cache avec les nuages. La vallée Francès et son spectaculaire glacier surmonté d’une cascade de séracs ne se laisseront contempler que vêtis d’un épais manteau de brume. Peu importe, nous sommes sous le charme de cette nature sauvage et immense. Dans le parc, la faune est très riche : Guanacos (cousin sauvage du lama), Nandou (sorte d’autruche), Condor des Andes, Flamand, Phrygile de Patagonie, Caracara huppé, Busard bariolé, oies…

Aire de bivouac de Paine Grande

Aire de bivouac de Paine Grande

Glacier Torre

Glacier Torre

Philippe au bivouac

Philippe au bivouac

Pedro range son sac à dos

Pedro range son sac à dos

Laurence profite des instants de soleil

Laurence profite des instants de soleil

Nuages sur le Paine Grande

Nuages sur le Paine Grande

Lago Grey

Lago Grey

Laurence en marche

Laurence en marche

Glacier Grey

Glacier Grey

Mirador Torres

Mirador Torres

Traversée de rivière

Traversée de rivière

Vue sur le Parque Nacional Torres Del Paine

Vue sur le Parque Nacional Torres Del Paine

Torres del Paine - Aiguilles de Granite

Torres del Paine – Aiguilles de Granite

A l'assaut de la moraine

A l’assaut de la moraine

Le vent sculpte les nuages

Le vent sculpte les nuages

Forêt de nire

Forêt de nire

Dernière journée pluvieuse, alors que Philippe et Laurence doivent malheureusement nous quitter pour retourner vers Buenos Aires, nous avons la chance incroyable de voir arriver une éclaircie inespérée pour monter jusqu’au mirador Torres. Depuis ce belvédère, nous assistons au clou du spectacle : les trois Torres se dressent devant nous au dessus d’un lac glaciaires émeraude. Nous finissons cette étape avec la contemplation des ces colossales aiguilles de granit, encore ivres de l’immensité des magnifiques paysages que nous avons découvert pendant ces trois semaines dans le Sud de la Patagonie.

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Commentaires du site

  1. Nicole BC
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    Je viens de retrouver les superbes paysages que nous avons découverts il y a tout juste 4 ans lors d’un voyage sac au dos de 4 mois avec mon mari en Argentine et Chili. Par contre pas bp parcouru Torres del Paine qui était en feu! Cela est arrivé plusieurs fois malheureusement ces dernières années. Nous avions eu beau temps pour quelques belles randonnées vers le magnifique Fitz Roy. Mais la météo change vite et le vent peut être froid!
    Bonne continuation.

  2. Jean-Louis VOLLIER
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    Bonjour les Amis !
    C’est depuis le salon de l’agriculture que je découvre ces images !
    La Patagonie ! Pedro, tu sais que notre élevage ovin du Centre Ouest existe depuis 1933 grâce à cette région,parce que le Baron Reille Soult, négociant en peaux, en a ramené les principes d’élevage : plein air et clôtures « pampa »…principes novateurs à l’époque et mis en place avec la race de la Charmoise dans les grands domaines du Poitou et du Limousin…
    Revenons à vos montagnes ! Elles sont grandioses et magnifiques !
    Je prendrai le temps de bien les découvrir ultérieurement car ils faut assurer avec le stand…..
    Au plaisir de vous lire à nouveau lors de la prochaine étape….

  3. Pauline Raimbourg
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    Vous appelez ça « collées serrées » pour les tentes ??!! Vous pensez revenir quand pour faire un tour dans la ligne 13 à 8h du mat’ ?

    • Pedro et Sophie
      Répondre

      Bah j’t’assure que certaines nuits sous la tente j’aurais vraiment tout donné pour être une sardine parmi d’autres dans le métro parisien 😉

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