Du 23 septembre au 2 octobre : D’Auckland à Hamilton 196 km

Au fil de l’eau dans le Waikato

Koru mot maori qui désigne la jeune fronde de fougère entrain de se dérouler

Koru mot maori qui désigne la jeune fronde de fougère entrain de se dérouler

Ponga ou Cyathea dealbata une fougère arborescente qui peut mesurer jusqu’à 10 mètres

Ponga ou Cyathea dealbata une fougère arborescente qui peut mesurer jusqu’à 10 mètres

Le Koru est un symbole de renaissance, de croissance, de force et de paix

Le Koru est un symbole de renaissance, de croissance, de force et de paix

Nous quittons Auckland pour entrer dans une nouvelle région : le Waikato. Le centre géographique est caractérisé par une immense plaine inondable. Le climat est tempéré, la terre est fertile. L’eau ne manque pas. Fleuve, rivières et marais abondent. Le vert domine largement. On comprend pourquoi la plupart des habitants de cette région se sont installés le long des berges du fleuve Waikato. C’est aussi un lieu tristement célèbre dans l’histoire de la Nouvelle-Zélande. Pendant les batailles du « Land Wars » des années 1860, elle fût le théâtre de plusieurs épisodes sanglants entre les colons britanniques et les Maoris. Le gouvernement colonial voulait repousser les Maoris du Waikato vers le sud avec l’aide de troupes envoyées du Royaume-Uni afin de s’emparer des terres agricoles et profiter de l’emplacement stratégique du fleuve. Après plusieurs années de lutte pour conserver leur territoire, les Maoris sont contraints de se replier au sud de la région, appelé depuis le King country en l’honneur du valeureux roi maori Tawhiao

Vue sur Mangawhiri river, le Waikato

Vue sur Mangatawhiri river, le Waikato

Pont de singe ...

Pont de singe …

Depuis le sentier de Kimpton, nous observons au loin une dernière fois la grande tour emblématique, de la ville d’Auckland, la « Sky Tower ». Nous retrouvons la campagne en entrant dans le parc de Hunua Range. Le long de la route, nous croisons de très belles propriétés. C’est le royaume des chevaux. Il y a des écuries partout, des paddocks avec de jolis équidés habillés de leurs couvertures, de belles installations équestres, carrières, rond de longe. Nous trouvons notre premier lieu de bivouac au début d’un sentier, près de la rivière Wairoa, dans une petite clairière. Dimanche matin, après avoir suivi la rive sur quelques kilomètres, nous rejoignons la forêt. Le début du sentier semble être une promenade dominicale assez fréquentée. Nous croisons pas mal de monde sur cette portion. Des gens qui courent, d’autres qui promènent leur chien. Le chemin est bien aménagé. Plus loin, nous quittons la civilisation en rejoignant un « tramping track » nettement plus corsé qui nous mène en fin de journée jusqu’à un petit lieu de bivouac à Upper Mangatawhiri campsite. La journée fût assez fatigante. Nous avons l’agréable surprise de rencontrer un homme qui nous offre du pain, des oranges et des citrons. Nous sommes comme d’habitude les seuls à bivouaquer sur ce site. Il faut dire que les nuits sont très fraiches en ce moment. Nous affrontons encore pas mal de dénivelés le lendemain jusqu’à rejoindre une autre rivière, la Mangatawhiri.  Nous sommes à deux pas de l’autoroute SH2. Nous plantons ce soir-là notre tente dans un endroit peu propice mais nous n’avons guère le choix, la nuit tombe. Très belle pleine lune. Nous sommes réveillés vers 5h00 par l’humidité. Le sol de la tente est trempé. L’eau remonte probablement des profondeurs de la terre car nous sommes tout prêts des berges.  Au petit matin, le brouillard est épais et le soleil peine à le traverser. Nous ne tardons pas à nous mettre en route pour nous réchauffer. Le tracé du Te Araroa suit la rivière sur un petit monticule de terre sous lequel est enterré un gros tuyau de drainage. Nos chaussures sont vite trempées par l’herbe gorgée de rosée. A Mercer, une petite station essence nous donne l’occasion de nous ravitailler et de prendre un café.

Ouverture sur la pature.

Ouverture sur la pâture.

Il n'y a jamais de moment plat dans ce pays

Il n’y a jamais de moment plat dans ce pays

Zonde humide

Zonde humide

Pendant les trois jours suivants, nous marchons au côté du plus grand fleuve du pays, le Waikato, d’une longueur de 425 km. Il n’y a pas trop de répit concernant les dénivelés quotidiens. Les collines herbeuses se succèdent kilomètres après kilomètres. Il faut gravir chacune souvent à travers des pâtures humides. Sur le Te Ararora, point de petits sentiers en lacet, les côtes s’abordent de pleine face en suivant le chemin le plus court jusqu’au sommet. Ca chauffent les cuisses et fait bien travailler le cardio! Nous enjambons les clôtures à l’aide de petits passages prévus à cet effet. Alors que nous arrivons à proximité d’un troupeau de taurillons Angus. Les animaux sont effrayés par notre présence. Un d’eux, affolé, fonce même dans la clôture. Ils ne doivent pas être très souvent manipulés par l’homme. Cette étape nous offre de magnifique vue sur le fleuve Waikato. Bien que les réveils soient toujours très humides, nous avons la chance de profiter de belles journées ensoleillées. Nous traversons des marais et observons de nombreux oiseaux dont plusieurs cygnes noirs. Il y a aussi des arbres majestueux: Kahikatea, Cabbage tree, Puketea.

Kahikatea ou Dacrycarpus dacrydioides arbre conifère

Kahikatea ou Dacrycarpus dacrydioides arbre conifère

L’agriculture a su tirer profit de ces terres fertiles. Nous passons devant de nombreuses fermes laitières. En effet, la Nouvelle Zélande est le premier exportateur mondial de cet « or blanc », principalement à destination de la Chine. La production nationale de lait a triplé en trente ans et le secteur devrait poursuivre sa croissance au rythme de 3 ou 4 % par an. Le système est intensif avec une moyenne d’environ 500 vaches laitières par exploitation. La plupart des éleveurs sont équipés de salle de traite rotative permettant de traire un peu plus de 300 vaches à l’heure. Les vaches vivent en plein air dans des paddocks répartis autour du bâtiment de traite. Les veaux, comme en France, sont séparés de leur mère à la naissance. Là où le système diffèrent, c’est qu’ici les veaux sont élevés en plein air intégral et nourris matin et soir avec une énorme louve, un réservoir contenant plusieurs centaines de litres de lait et disposant d’une cinquantaine de tétines en caoutchouc. C’est un spectacle assez étonnant que d’assister à la tétée de ces troupeaux de petits veaux. L’éleveur arrive avec un quad qui tracte la « mère artificielle ». Tous les veaux s’agglutinent à l’entrée du pré et se mettent à beugler en coeur. Les chiens de la ferme repoussent les impatients le temps que le fermier place correctement dans le parc l’objet de toutes les convoitises. Les chiens se reculent alors sur ordre de leur maître et les veaux se pressent vers les trayons en plastiques. Ils avalent goulument, arrêtant presque de respirer pendant les trois ou quatre précieuses minutes que durent la tétée. Puis l’éleveur demande aux chiens d’écarter les veaux de la louve. Ils s’éloignent le ventre plein, le museau blanc, certains en toussotant faute d’avoir un peu avaler de travers en buvant si vite. Le fermier se rend alors dans un autre paddock où un autre groupe de nouveaux-nés l’attendent déjà à l’entrée. En France, tous les veaux nés dans les exploitations laitières sont vendus à l’âge de sept jours et partent dans des ateliers de veaux en batterie où ils sont en cage individuelle et nourris à la poudre de lait.

Pause le long de la Waikato river

Pause le long de la Waikato river

Chauffe Marcel

Chauffe Marcel

Près de Rangiri, nous campons dans le jardin d’un couple de Maori. Ils ont la soixantaine. Elle est enseignante de langue maori à la retraite. Son mari est chauffeur routier, encore en activité. Nous acceptons avec plaisir la douche qui nous est offerte. C’est la première nuit à peu près au sec que nous passons depuis plusieurs jours. Nous continuons à suivre la rive du fleuve Waikato sur une dizaine de kilomètres pour atteindre la petite ville de Huntly. Nous passons à côté de l’imposante Huntly Power Station, une centrale électrique alimentée au charbon. C’est la centrale thermique la plus importante de Nouvelle-Zélande. Il faut dire que le Waikato est la principale région de production du charbon avec plus de 10 000 tonnes par jour.

La marche dans un marais, humide!

La marche dans un marais, humide!

Nous entrons dans la dernière étape de la semaine, le « Hakarimata walkway », un tramping track de 12 km dans la jungle avec de jolis dénivelés. Nous bivouaquons sur un petit promontoire, qui est en fait un point de vue aménagé avec deux bancs à environ 300 m d’altitude avec tout juste la place pour y mettre notre tente. Une matinée de marche fût nécessaire pour venir à bout du sentier. Ca monte et ça descend. La végétation est dense. Les racines courent sur le sol et nous obligent à garder nos yeux rivés sur nos pieds. La pluie est aussi de la partie. Bref, nous ne sommes pas mécontents d’arriver à notre halte hebdomadaire dans la ville d’Hamilton.

Maison de bois typique de la Nouvelle Zélande

Maison de bois typique de la Nouvelle Zélande

Lueur de bleu sur la Waikato river

Lueur de bleu sur la Waikato river

Il faut bien se restaurer.

Il faut bien se restaurer.

Miroir d'eau

Miroir d’eau

Les mollets chauffent pour atteindre des points de vues comme ceux-là. Ca en vaut la peine!!

Les mollets chauffent pour atteindre des points de vues comme ceux-là. Ca en vaut la peine!!

Instant de vie avant le couché du soleil

Instant de vie avant le coucher du soleil

En son et en image, vaches, veaux et aussi beaucoup mais alors beaucoup de marches…

 

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Commentaires du site

  1. Clément Allain
    Répondre

    Salut à tous les deux. Sur la vidéo du montage de la tente, on voit à quel point vous vous êtes calés et organisés. Des vrais machines :-).
    Question navigation, comment est-ce que vous gérez? Le sentier à l’air à peine visible, le balisage suffit ou est-ce que vous avez une carte détaillée, un GPS? Est-ce que vous vous perdez un peu histoire de rajouter un peu de piment?
    Tchao et à bientôt,
    Clément

    • Pedro et Sophie
      Répondre

      Salut Clément,

      Oui nous commençons à avoir le rythme et les automatismes pour monter la tente… (lol)
      Pour la navigation c’est assez simple : Il existe sur le site http://www.teararoa.org.nz/ des trails notes, des cartes et la trace gps (.GPX pour garmin) du Te Araroa. Ainsi chaque semaine nous prenons connaissance des trails notes, nous vérifions les infos de dernière minute sur le site (status : Chemins impraticable, fermé pour agnelage…) puis nous préparons à l’aide de la cart au 1/50000 que j’ai acheté chez Garmin. La carte est sur le GPS avec le tracé et autres informations (cabanes « hut », abris, supermarchés, postes, camping…) puis nous partons chaque semaine en suivant le tracé gps et les marqueurs (triangles orange). Cela va bien. Mais lorsqu’il pleut, que nous sommes en forêt et que le marqueur orange est absent alors là il faut avoir du nez, entre le gps, les branches cassées et les marques au sol et on avance.

      Biz à toda la familia
      Pedro (ralenti la chute des …)

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