Du 21 au 29 Avril 2016 : Le Nord de l’Altiplano 130 km

La route des églises baroques

Coucher de soleil sur le lac Titicaca

Coucher de soleil sur le lac Titicaca

Lac Titicaca

Lac Titicaca

Dernier aperçu du lac

Dernier aperçu du lac

Quinoa

Quinoa

Après une halte à la Paz, nous montons dans un minibus vers Guaqui pourle point de départ de notre traversée de l’Altiplano au pied du lac Titicaca. Nous montons notre tente le long de la route qui relie La Paz au Pérou par le poste frontière de Desaguadero. Face au lac, nous retrouvons les grands espaces. A la veille de se lancer dans une nouvelle grande traversée, comme lors de notre premier bivouac sur la Ninety Miles Beach en Nouvelle Zélande, nous ressentons l’appel de l’aventure et toute la magie de l’inconnu à venir. Ce soir, nous regardons le soleil se coucher derrière les hauts sommets de la Cordillere Occidentale au Chili et au Pérou. Notre chemin pour la semaine à venir va nous mener à la découverte du Nord de l’Altiplano entre Guaqui (Desaguadero) et Curahuara de Carangas.  Durant ces six jours, nous sommes impressionnés de voir les nombreuses églises baroques qui ont été construites dans presque tous les villages de la région. Chacun de ces édifices est l’occasion d’une plongée dans l’histoire coloniale du pays. Les conquistadores espagnols avaient mis des moyens considérables pour évangéliser le Nord de L’Altiplano.

Lama et ses crias

Lama et ses crias

Entrée du village de Jésus de Machaca

Entrée du village de Jésus de Machaca

Eglise baroque du XVIème siècle. Jésus de Machiaca

Frederico notre hôte et Pedro

Nous partons le premier jour en direction de Jesus de Machaca. Le paysage est loin de ressembler à celui auquel je m’imaginais. En pensant à l’Altiplano, je me projettais dans un immense désert plat, aride avec quelques petites herbes et surtout inocupé. C’est loin d’être le cas! Le paysage est relativement verdoyant : une herbe dure pousse par pieds, des cultures de blé, de quinoa et de pomme de terre occupent les parcelles. Les maisons de terre et de chaume s’éparpillent à l’horizon. Le chemin ne cesse de monter et descendre. A la fin de la première journée, notre GPS nous indique 700 mètres de dénivelé positif. On ne s’y attendait pas du tout. L’Altiplano est un immense espace situé entre 3 600 et 4 200 mètres d’altitude. Géographiquement, il commence au Sud du Pérou, là où la Cordillère des Andes se divise en deux parties : la Cordillère Royale que nous avons traversé du Nord au Sud, et la Cordillère Occidentale qui sépare la Bolivie, à l’Ouest, du Pérou et du Chili. La partie Nord de l’Altiplano est encore sous l’influence climatique de la Cordillère Royale. Elle bénéficie du climat le plus humide de l’Altiplano. L’agriculture y est par conséquent très productive. Au centre, entre le lac Popoo et le Salar de Coipasa, le climat est beaucoup plus sec et les cultures laissent la place à de grandes plaines de sable. Enfin, encore plus au Sud, le Salar d’Uyuni, le plus grand désert de sel au monde, marque le début de la région du Lipez. La région très aride est nettement moins peuplée. Au début du quaternaire, le lac Titicaca recouvrait toute la région de l’altiplano. Avec les Salars de Coipasa et d’Uyuni, il formait une véritable mer intérieure. De nombreux trilobites fossilisés témoignent de la présence de l’eau sur l’Altilplano. Partagé entre le Pérou et la Bolivie, le lac Titicaca s’étend aujourd’hui sur 180 km de long et 60 km de large, à 3 800 mètres d’altitude, ce qui fait de lui le lac navigable, le plus haut du monde.
A Guaqui, dès les premiers mètres nous sommes interpellés par un Indien Aymara qui nous questionne sur notre origine, notre activité, notre mode d’hébergement… Il s’interroge surtout sur l’état de nos pieds! Nous sommes abordés par toutes les personnes que nous rencontrons, à pieds, à vélo, en voiture. Ils s’arrêtent et prennent cinq minutes pour discuter. L’échange est chaleureux : poignée de main, sourire, petites remarques sur le ton de l’humour, bref on sent que notre aventure plaît aux autochtones. Cette curiosité se répéte chaque jour sur le chemin. On nous offre même de partager le déjeuner : quelques pommes de terre, de la viande d’agneau. Nous donnons du pain, du fromage et des barres chocolatées. Nous entrons là dans un environnement nouveau où les habitants débordent de curiosité envers les voyageurs que nous sommes et aprécient les rencontres. C’est une belle leçon d’ouverture d’esprit. A mi-chemin vers Jesus de Machaca, nous traversons le village de Tocaca. Une femme y propose l’almuerzo traditionnel, un repas du midi complet à base de riz, de pommes de terre, accompagné d’un quart de poulet et d’une soupe constituée du bouillon de cuisson du poulet. Nous prenons place, invités par cette indienne Aymara, à nous asseoir avec elle à même le sol. Après les questions habituelles, elle s’amuse beaucoup à nous enseigner quelques balbutiement en dialecte local. Nous savons désormais dire « bonjour » en Aymara : « Dios Aské Uru Choara » phonétiquement. Cette petite phrase nous permet de nous introduire facilement lors des rencontres : « Rendez-vous compte, des gringos qui voyagent à pied avec leur maison sur le dos et qui, en plus, parlent Aymara! Ca n’arrive pas souvent! » Ces quelques mots lancés aux gens croisés en chemin déclenchent immédiatement les sourires voire les rires, probablement en raison d’une prononciation très approximative…

Frederico notre hôte et Pedro

Frederico notre hôte et Pedro

Clarita et Sophie

Clarita et Sophie

Clarita

Clarita

Longue route vers Nazacara

Longue route vers Nazacara

Bivouac à Nazacara

Bivouac à Nazacara

Caquiaviri

Caquiaviri

Au village de Jesus de Machaca, Frederico et Anna nous offrent l’hospitalité. Nous profitons du jardin de leur maison en construction pour installer notre bivouac. Autour d’une bi-cerveza locale, nous échangeons. Frederico est un jeune vétérinaire de 30 ans qui pratique une médecine de fortune aux quelques vaches du coin en réalisant ses tournées à moto. Anna s’occupe de leur fille Clarita tout en tenant sa tienda, petite échope qui fait office d’épicerie et de restaurant le midi. Elle  y cuisine l’almuerzo pour les fonctionnaires de la commune qui travaillent dans la mairie à côté de la maison. Frederico nous conseille de nous rendre à la fromagerie locale, une petite maison en briques, construite par une coopérative de 50 éléveurs laitiers possèdant chacun une dizaine de vaches Prim’Holstein Bolivienne. Chaque matin, comme ce dimanche, les éleveurs viennent en  vélo apporter leur braud de lait. Le lait est transformé en un fromage frais qui est ensuite vendu sur les marchés de La Paz. Notre professeur improvisée de dialecte Aymara, elle-même productrice et actionnaire d’une fromagerie coopérative, nous avait d’ailleurs expliqué qu’il s’agit pour la région de la principale activité économique. Elle permet aux paysans locaux de vivre correctement. Notre fromage en poche, 1 kg quand même, nous reprenons notre chemin.

Montée vers le col de Caquiaviri

Montée vers le col de Caquiaviri

Cactus

Cactus

L'altiplano pas si plano

L’altiplano pas si plano

Descente vers Estancia Rower Uwa

Descente vers Estancia Rower Uwa

Pause sur l'altiplano

Pause sur l’altiplano

Chemin de fer reliant le Chili à La Paz

Chemin de fer reliant le Chili à La Paz

Arrivée à Caquingora

Arrivée à Caquingora

Chaque jour, nous traversons des villages où nous pouvons nous ravitailler en pain frais, fruits, légumes et parfois déguster le fameux almuerzo. Les enfants sortant de l’école nous sourient et nous submergent d’un déluge de questions. Ils veulent tout savoir sur nous, notre pays, notre travail. Ils scrutent nos sacs et nous interrogent sur chaque éléments qui en dépassent. Puis c’est au tour des commerçants de venir à notre rencontre. Il ne se passe pas une seule journée sans que l’un d’entre eux veuillent regarder la carte avec nous où essayer de porter notre sac à dos. Ces moments sont remplies de joies. Nous rions lorsqu’ils s’exclament que le sac est beaucoup trop lourd, impossible à porter. Durant ces instants de partage, nous ne sommes plus des touristes. Les différences s’effacent dans l’authenticité de ces contacts humains. Nous ressentons un lien particulièrement fort qui s’installe en peu de temps. Parfois, comme lors de cette halte à Caquingora, où nous discutons avec deux femmes sympathiques devant leur épicerie, le temps semble se suspendre. Nous imaginons rester jusqu’au soir. Juste pour faire durer un peu plus ces joyeuses rencontres qui émaillent nos journées de marche.

Information citoyenne

Information citoyenne

Place de l'église de Caquingora

Place de l’église de Caquingora

Changement de décor c'est plus sec

Changement de décor c’est plus sec

La terre rouge de l'altiplano

La terre rouge de l’altiplano

Le sel

Le sel

Exploitation du sel

Exploitation du sel

Nous terminons cette première semaine de marche par le village de Curahuara de Carangas. Il abrite une magnifique église datant du XVI ième siècle, renommée pour sa fresque murale qui lui a valu le nom de « Chapelle Sixtine de l’Altiplano ». Durant cette étape, nous avons en effet été  très impressionnés de voir les nombreuses églises baroques qui ont été construites dans presque tous les villages de la région. Chacun de ces édifices est l’occasion d’une plongée dans l’histoire coloniale du pays. Les conquistadores espagnols avaient véritablement mis des moyens considérables pour évangéliser le Nord de L’Altiplano.

Descente dans l'antre du canyon

Descente dans l’antre du canyon

Les mâchoires du canyon

Les mâchoires du canyon

Le Canyon

Le Canyon

L'église de Curahura de Carangas

L’église de Curahura de Carangas

 

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