8ème semaine : De Fraisse-Sur-Agout (81) à Saint Martin La Lande (11)

Les copains d’abord 170 km

Louison l'aventurier

Louison l’aventurier

La caravane s’est agrandie. Nous recevons cette semaine Delphine, Louison et leur chien, Mirko. Delphine et Louison sont des amis qui habitent comme nous à Esse en Charente. Ils ont manifesté depuis longtemps l’envie de nous rejoindre pour marcher à nos côtés le temps d’une semaine. Nous nous retrouvons donc à Labastide Rouairoux (81), une ville pas très agréable, bordée par une route nationale très fréquentée. Peu importe l’endroit, nous sommes tous joyeux de nous revoir. Nous prenons plaisir à entendre les dernières nouvelles de Charente limousine. Nous leur dressons de notre côté un bilan rapide de ces deux mois de marche. En plus, nous fêtons aujourd’hui nos 1000 km parcourus. Après quelques savants calculs grâce à notre GPS, nous nous rendons compte que nous avons aussi gravis plus de 30 000 mètres de dénivelés positifs, ça donne le vertige, non?

Cascade d'eau de Labastide Rouairoux

Cascade d’eau de Labastide Rouairoux

Nous partons donc guillerets à l’assaut de la Montagne Noire dans le Tarn. Le massif, orienté est-ouest, présente deux visages : le versant nord, abrupt, est couvert de forêts sombres de chênes, de hêtres, de sapins et d’épicéas. La ville de Mazamet est située au pied de ce versant. Le versant sud est moins abrupt et comprend deux principaux pays : le Cabardès au sud qui s’étend jusqu’à Carcassonne, le Minervois à l’est et une partie du Lauragais à l’ouest. De nombreux endroits de ce versant permettent d’observer de beaux panoramas de la chaîne pyrénéenne. Son point culminant est le pic de Nore, à 1 210 mètres d’altitude dans le département de l’Aude.

Sultan et Rahan dans le joli pré de Sales

Sultan et Rahan dans le joli pré de Sales

Un dîner improvisé chez François à Sales

Un dîner improvisé chez François à Sales

Nous profitons de la « chance du débutant » de nos amis et nous dénichons un magnifique bivouac pour notre première étape tous ensemble. Georges-André et Jeanne-Marie nous prête un immense pré sur une colline bordée de coteaux et avec un accès à la rivière. Les chevaux sont heureux, ça change de leur petit parc électrique. Enfin de l’espace, un petit goût de liberté! Pedro passe un long moment chez nos hôtes paysans à échanger sur leur façon de travailler et leur philosophie de vie. Ils semblent exceller dans l’art de la sobriété heureuse: une petite ferme où la vie des vaches s’écoulent paisiblement, un élevage de boeuf de 7 ans, de la viande de veaux broutards en vente directe, un beau potager. Simple et bon. Dans le petit village de Sales qui compte seulement dix âmes, il règne une atmosphère de franche camaraderie. François, le voisin de Georges-André, nous invite pour un apéro qui s’éternise en dîner improvisé. L’accueil est spontané, généreux. On parle de tout et de rien, on refait le monde. Tous les habitants passent pour nous saluer et partagent une poignée de main, un verre, ou restent pour la soirée. Chez François, c’est comme ça, on peut passer le pas de la porte à n’importe qu’elle heure, de toutes façons c’est toujours ouvert. Cinq ou six personnes défilent ce soir-là : Gilles, Galli, et les autres dont j’ai oublié le nom. Tous vivent de la terre : élevage, culture, maraîchage, fabrication de fromages et de pain. Tous ont une vrai joie de vivre. Tous ont envie de venir à notre rencontre, d’échanger avec nous. Sales est un lieu un peu hors du temps. Par leur étonnant esprit de convivialité, les habitants de ce village nous offre un véritable moment de bonheur.

Frederic, Stéphanie, Alice et Baptiste au Triby

Frederic, Stéphanie, Alice et Baptiste au Triby

Deuxième jour, deuxième rencontre marquante. Nous arrivons vers midi au Triby, juste en dessous du Pic de Nore. Nous remarquons deux Mérens et leurs cavaliers entrain de desseller. Frédéric et Stephanie ont à peine la quarantaine et ont acheté en Ariège leurs deux juments. Nous ne manquons pas de points en commun, la discussion va bon train. Aussi incroyable que cela puisse paraître,  au bout de 20 minutes de bavardages, ils nous proposent alors de revenir le soir même avec tout le repas pour organiser un barbecue avec nous sur le lieu de notre bivouac et partager ainsi une soirée tous ensemble. Nous acceptons avec plaisir, un peu perplexes de tant de générosité. Vers 18h30, ils débarquent avec leurs deux enfants, Alice et Baptiste. Nous passons un excellent moment. Frédéric et Stéphanie sont très sympathiques et plein d’entrain. Il y a de l’animation! Ils nous gâtent avec un festin bien au-de-là de nos rêves de randonneurs affamés: barbecue, foie-gras, quiche maison, salade, gâteaux, fruits frais, bière… Nous finissons repus et heureux. Décidément, les gens d’ici ont le sens de l’hospitalité.

La tablée de Triby

La tablée de Triby

Troisième jour, encore une belle rencontre: Louis, septuagénaire, retraité ingénieur dans la marine nous offre café et biscuits sur la terrasse de sa jolie maison d’Hautpoul. Il nous raconte sa vie et les moments forts de sa carrière comme sa participation à la construction du porte-avion Charles de Gaulle. Louis est habitué à rencontrer du monde. Il adore ouvrir sa porte aux voyageurs de passage et prend plaisir à se remémorer certaines de ses rencontres marquantes.

Le café de Louis

Le café de Louis

Les remparts d'Hautpoul

Les remparts d’Hautpoul

Rahan dans les rempart d'Hautpoul

Rahan dans les rempart d’Hautpoul

Cette semaine est donc rythmée par de beaux moments de partage. Au sein de notre petite équipe, nous apprenons pas après pas à mieux nous connaître. Le voyage à pied sait révéler toutes les facettes de chaque individus. Pas de place pour les faux-semblants, les qualités et les défauts de chacun sont mis à nu. On découvre le meneur, le suiveur, le joyeux, le bougon, l’optimiste, celui qui aime se plaindre, heure après heure, jours après jour. Les difficultés renforcent la solidarité et développent l’empathie. On rit, on pleure presque, on vit ensemble. Après deux mois quasiment en solitaire, pour nous c’est un bouleversement. Cela nous demande beaucoup d’attention et d’énergie car nous devons maintenant penser pour quatre enfin même pour sept devrait-on dire. Les randonneurs et les chevaux n’ont pas toujours les mêmes besoins. Nous nous rendons compte que pour nous adapter au rythme de nos compagnons à 4 pattes, nous avons développé une endurance physique et une certaine abnégation de nos propres besoins qui nous permettent d’enchainer les heures de marche pratiquement sans pauses et à une vitesse moyenne de 5 km/h. Pas facile pour nos amis, Delphine et Louison de suivre cette cadence, qui plus est, avec un sac à dos bien chargé. Bien que nous fassions tout notre possible pour les attendre et ralentir l’allure, ils arrivent bien souvent épuisés à la fin de l’étape. Ils découvrent en fait la principale contrainte du voyage avec les chevaux: « penser cheval » à chaque instant. Cela signifie par exemple trouver la force de marcher encore en fin de journée, parfois 5 voire 10 km de plus que prévu pour trouver un lieu de bivouac adapté aux chevaux. Ce ne fût pas toujours facile mais la bonne humeur du groupe et le courage de chacun a rendu possible cette aventure tous ensemble. Nous sommes heureux d’avoir partager ce bout de chemin avec Delphine, Louison et Mirko.

Ecluse du canal du Midi

Ecluse du canal du Midi

La grand équipe sur une écluse du canal du Midi

La grand équipe sur une écluse du canal du Midi

Rahan, Pedro et Sultan sur le bord du Canal du Midi

Rahan, Pedro et Sultan sur le bord du Canal du Midi

Notre huitième semaine en image : Des rencontres et des amis rejoignent l’aventure :

 

 

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Commentaires du site

  1. Louison, Delphine et Mirko
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    Salut les amis!
    Nous découvrons votre article sur cette semaine passée ensemble, avec beaucoup d’émotion. Les photos et le film nous rappellent ces moments inoubliables à vos côtés. Louison est à nouveau reparti, fleur au bâton, dans ses périples, Delphine se remet comme une marmotte, en dormant toute la journée et Mirko s’est trouvé une amoureuse dès son retour à la maison. Il est totalement épuisé, c’est trop drôle. Nous pensons beaucoup à vous, ainsi qu’à Sultan et Rahan. Demain, nous fêtons les 77 ans de Gilbert chez Jean-Luc. Nous lèverons un verre à votre santé. Bonne route à vous, les amis! Louison, Delphine et Mirko.

    • Pedro et Sophie
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      Salut les amis

      Nous ok on marche calmement car il fait encore plus chaud.
      On attend avec impatience les photos et vidéos de l’anniversaire de Gilbert.

      Biz
      PedroSo

    • Pedro et Sophie
      Répondre

      Holà chers Etienne et Fanfan. Nous avons écho de la sécheresse, dur dur, j’espère que cela ne va pas trop fragiliser les éleveurs et le Baronet.. Comment ça va ? Avec Didier? Pedro

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