7 ème semaine : De La Couvertoirade (30) à Fraisse-Sur-Agout (81)

Grosses chaleurs et rivières à sec… 145 km

Lunas

Lunas

Nous quittons le plateau du Larzac vers le Caylar. Le paysage change un peu: la terre est toujours aussi sèche mais beaucoup plus travaillée par l’homme. La plaine vallonnée est cultivée partout avec de grandes parcelles de céréales irriguées. L’absence d’eau sur ce territoire se fait d’autant plus sentir que nous traversons une période de canicule : près de 40°C à l’ombre tous les après-midi. Nous changeons notre organisation. Lever à 5h du matin, nous démarrons les étapes vers 6h30 et marchons jusqu’à 13H30 maximum. Même avec ce rythme, la fatigue s’installe rapidement. Vers 10h du matin, il fait déjà 35°C. Les chevaux et nous, souffrons de cette atmosphère étouffante. De plus, cette région est peu propice au déplacement à pied. Il y a du goudron partout et même sur cette « voie verte » que nous empruntons pendant plusieurs jours et qui n’a de verte que le nom. Nos semelles de chaussures collent sur l’asphalte. Les fers des chevaux s’engluent laissant des marques indélébiles sur notre passage. L’odeur désagréable du goudron brûlant nous suit toute la journée. Les habitants ne sont pas franchement hospitaliers. Il faut dire qu’avec cette chaleur, ils sont tous calfeutrés dans leurs belles villas avec clim’ et piscine. Les riches retraités, nombreux dans le secteur, se déplacent à bord d’énormes voitures luxueuses aux vitres teintés. En les regardant nous doubler à vive allure, nous imaginons à l’intérieur la clim’ fonctionnant à plein régime, ressentant presque l’espace d’un instant une sensation de fraîcheur. Le principal problème, c’est encore une fois le manque d’herbe et le peu de possibilité de bivouaquer où nous le souhaitons. Vite, il faut quitter cet endroit!

Lunas vue d'en haut

Lunas vue d’en haut

Heureusement, nous rejoignons au bout de trois jours le GR7 et nous retrouvons avec lui l’air plus venteux des montagnes. Nous évoluons dans le parc naturel du Haut-Languedoc. Le sentier est technique voire périlleux entre la Fage et le sommet du Mont Carroux. 1000 mètres de dénivelés positifs semées de murs en pierres, de hautes marches à escalader, de chemins caillouteux qui tordent les chevillent.

Pedro et Rahan sur les chemins du PNR du Haut Languedoc

Pedro et Rahan sur les chemins du PNR du Haut Languedoc

Vue du haut du Carroux

Vue du haut du Carroux

Pause sur le haut du Carroux

Pause sur le haut du Carroux

On en bavent, les chevaux aussi, mais ils sont braves et nous suivent tout de même. Les derniers mètres de montée leur demandent de puiser dans leurs ressources: ils suent, ils soufflent, les jarrets sont tremblants et les muscles, tétanisés par l’effort. Nous sommes enfin sur le plateau. Le sommet du Mont Carroux culmine à 1100 mètres d’altitude. Il est battu par des vents forts mais, étant donné la chaleur, c’est plutôt appréciable. Malgré la fatigue de l’ascension, nous sommes sous le charme de ce paysage de landes et bruyères teintées de mauve. Au village de Douch où nous faisons étape le soir, nous apprenons que c’est l’habitat du mouflon Corse. La plus grande population française de mouflon se trouve ici dans ce parc. Nous entendrons pendant la nuit leurs bêlements mais nous n’aurons pas la chance d’en apercevoir.

Maison typique du village de Douch

Maison typique du village de Douch

Sophie et Sultan en haut du Carroux

Sophie et Sultan en haut du Carroux

Four à pain de Douch

Four à pain de Douch

La descente du plateau nous plonge dans un univers digne d’un film western. Le Lodévois est caractérisé par des petits canyons de terre rouge, la « ruffe ». De nouveau, les cours d’eau sont tous à sec. Cette étape dans le Languedoc, nous met face à l’évidence: l’absence d’eau rend la terre inhospitalière pour les animaux et les hommes. La rareté de cette ressource vitale nous fait ressentir un profond malaise car l’homme n’hésite pourtant pas dans ces contrées à continuer à cultiver des céréales qui nécessitent toujours plus d’eau. Pourquoi n’y-a-t-il pas de prise de conscience? Nos réflexions sur cette problématique de la gestion de l’eau rythment nos pas jusqu’à la fin de l’étape.

La caravane dans le canyon du lodèvois

La caravane dans le canyon du lodèvois

La pierre de Ruffe typique du lodèvois

La pierre de Ruffe typique du lodèvois

Pedro et Rahan dans les vignes de Minervois

Pedro et Rahan dans les vignes de Minervois

Nous repensons aussi à notre passage dans le Gard où nous avons rencontré plusieurs habitants très marqués par les différents épisodes d’inondations. La terre malmenée par la main de l’homme, n’est plus capable de retenir les eaux de pluie et les cours d’eau asséchés 11 mois de l’année se remplissent d’un seul coup, parfois en quelques heures à la suite d’un orage. Ces crues entraînent les dégâts que nous connaissons malheureusement, rapportés par les journaux télévisés. Images apocalyptiques de l’eau qui reprend ses droits. L’homme saura-t-il retrouver l’humilité et le respect que notre terre nourricière mérite? Saurons-nous capable de modifier nos habitudes de consommation, notre façon de vivre et de travailler la terre pour retrouver un équilibre?

 La septième semaine en vidéo :

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  1. BORIE CHALARD
    Répondre

    Contente de retrouver de vos nouvelles! Je les attend avec impatience! Ici aussi, en Corrèze, nous avons souffert de la canicule, alors je comprends bien votre souffrance sur le goudron!
    Bonne suite. Nicole BC

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