4ème semaine : Du Falgoux (15) à Maurines (15)

Au coeur du Cantal, par monts et par vaux    123 km et … beaucoup de dénivelés!

Nous découvrons Salers pour une étape réparatrice de deux jours. Nous avons d’abord rendez-vous avec le maréchal ferrant pour Sultan et Rahan. Un re-ferrage s’impose après 500 km au compteur. Bastien, un petit gars du sérail, 25 ans et déjà 7 années de métier, se met au travail. L’abord est un peu rude mais on sent dans ses gestes, efficacité et dextérité. Sultan et Rahan ne bronchent pas, peut-être aussi un peu assommés par la marche du matin et la température extérieure de plus de 30°c. Bastien maîtrise l’art du ferrage à chaud et se plaît à le mettre en scène : « Prends ton appareil photo » me dit-il « Il va y avoir des flammes » annonce-t-il avant de poser le fer brûlant sur le postérieur de Sultan. En effet, ça crache et ça sent un peu le cochon rôti mais tout se fait dans le calme. Du bon boulot! Parés de leurs nouvelles chaussures avec ajout de pointes en tungstène, Sultan et Rahan sont prêts pour partir à l’assaut des monts du Cantal, notre prochaine étape.

Bastien ferrage de Sultan sous les flammes

Bastien ferrage de Sultan sous les flammes

Bastien preparation du pied pour le ferrage de Sultan

Bastien preparation du pied pour le ferrage de Sultan

De notre côté, nous profitons de ces deux jours d’arrêt pour nous reposer bien-sûr et visiter Salers. C’est un petit village perché sur une butte à 947 mètres d’altitude. Il mérite largement son titre de plus beaux villages de France. Sa construction date du XI ème siècle et toute l’architecture est incroyablement bien préservée.

Salers rue principale

Salers rue principale

Nous voici plongés dans le moyen-âge : donjon, beffroi, portes médiévales finement ouvragées, remparts en pierre de lave sombre, maisons traditionnelles, petites ruelles tortueuses. Le village fût fortifié pour résister aux assauts des pillards et, au vue de l’état du bâti, cela a dû bien fonctionner. Salers est aujourd’hui entièrement tournée vers le tourisme et le bourg regorge de chambres d’hôtes, restaurants, boutiques d’artisans.

Salers place principale

Salers place principale

Cependant, par rapport à d’autres sites touristiques, il y a quand même une âme dans cet endroit. Le terroir est bien mis en avant : la race locale Salers est à l’honneur avec ses fromages Cantal et Salers, sa viande et ses salaisons. Nous prenons plaisir à faire cette halte. Le gîte de « La Grange » où nous séjournons est agréable et bien situé. Les chevaux disposent d’un pré juste à côté. Nous n’oublions pas évidemment, en bons gourmets que nous sommes, de déguster à peu près toutes les spécialités du coin : côte de boeuf Salers, aligot, truffade, fromage Salers, vin d’Entraygues-le-Fel (cépage Fer Servadou).

Nous reprenons ensuite la route en direction des monts du Cantal, un massif montagneux, constitué d’une chaîne de volcans vieille de 13 millions d’années. Nous côtoyons lors de cette étape les principaux sommets : Le puy Mary (1787m), le plomb du Cantal (1855 m), le puy Griou (1690 m), et le puy Violent (1592 m). Nous cheminons entre 1200 et 1800 mètres d’altitude pendant trois jours.

Pedro Sultan et Rahan sur les Monts du Cantal

Pedro Sultan et Rahan sur les Monts du Cantal

La faune et la flore sont riches dans cette zone de montagnes. Nous apercevons faucons, mouflons, marmottes entre hauts plateaux, landes et forêts. Le GR que nous suivons fait de nombreuses incursions dans les pâturages d’altitudes. Cela occasionne parfois quelques frayeurs car les vaches Salers sont d’un naturel plutôt curieux et les génisses s’approchent au plus près de nous et des chevaux. Lors de chaque traversée d’estives, Pedro, courageux, voire peut-être téméraire, les tient à bonne distance à coup d’esbroufe digne d’un Haka Maori et en faisant tournoyer devant lui la longe de Rahan. Nous avançons prudemment en longeant les clôtures parfois sur plusieurs centaines de mètres avec tout le troupeau à nos trousses dans un bruyant tintamarre de cloches. Heureusement que Sultan et Rahan sont bien désensibilisés…

Sultan avec vue sur les monts du Cantal

Sultan avec vue sur les monts du Cantal

Les Monts du Cantal

Les Monts du Cantal

Dans ces paysages de montagnes, il existe un bâtiment particulièrement emblématique : le buron. Construit en pierre, recouvert d’un toit de lauzes (ardoises), il se dresse fièrement dans les pâturages d’altitude. Traditionnellement, il abrite la fabrication du fromage Cantal, Salers et Laguiole, et permet de loger les buronniers pendant la saison d’été. Malheureusement, modernisation oblige, nous constatons l’abandon de nombreux burons. Les paysans que nous croisons, nous confirme le déclin croissant  de cette activité. La traite des Salers a laissé la place à l’élevage de broutards, beaucoup moins contraignant. Certains burons sont transformés en restaurant, gîte d’étape. mais de nombreux sont en ruines.

Bivouac au Puy Violent

Bivouac au Puy Violent

La partie volcanique et montagneuse du Cantal est bordée par des plateaux appelés « planèzes »  et des vallées glaciaires. Après la traversée des monts du Cantal, nous continuons notre chemin entre Planèze et vallée de la Truyère, en passant par Paulhac, Neuvéglise, Fridefont, et Maurines. Nous quittons donc les sentiers montagneux pour des chemins, bordés de petits murets en pierres. Nous découvrons de jolis lieux-dits, empreints de traditions: des fours à pains dans chaque village, des fontaines, des croix en pierre, des travails à ferrer. Témoignage de la vie rurale d’autrefois, tout ce patrimoine est très bien conservé et nous constatons avec surprise que la plupart des fours sont encore utilisés. Les maisons sont en basalte et portent toute un fronton au dessus de la porte avec la date de construction gravée. Nous entamons enfin une descente vers la vallée de la Truyère et le barrage de Grandval.

Four à pain traditionnel

Four à pain traditionnel

Porte en bois traditionnelle

Porte en bois traditionnelle

Cette étape entre grands espaces enivrants et lieux remplis d’histoires nous a particulièrement plu. La magie du voyage à cheval et à pied opère. C’est le chemin qui nous porte et qui nous émerveille à chaque pas.

Fleur de bord de chemin

Fleur de bord de chemin

Chemin au dessus du barrage de Grandval

Chemin au dessus du barrage de Grandval

Episode 4 de la saga voyage en marche :

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Commentaires du site

  1. etienne et marie D S P
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    merci ! que du bonheur de suivre votre aventure nous qui devons garder nos moutonstout l’été .BRAVO et AMITI2S de la geneytouse ! etienne

    • Pedro et Sophie
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      Ah cher Etienne et chère Marie France. Nous espérons que notre partage vous permet de voyager un peut. Notre France est belle et les habitants de son massif accueillant. Bien à vous

  2. clement
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    Votre traversée de Salers, avec les touristes attablés, ça faisait un peu « Les Visiteurs » 😉
    En tout cas c’est des endroits vraiment magnifiques, que je ne connais qu’à travers la vitre d’une voiture…

    PS: on a ouvert le site: http://www.les-beauxquartiers.com, si t’as deux minutes un de ces jours, ton feedback m’intérèsse.

    • Pedro et Sophie
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      Et oui la prochaine fois Clément il faudra descendre de la voiture et marcher au travers de ces montagnes. C’est beau! Nous ne manquerons pas de visiter Les beaux quartiers je suis sûr qu’il y a là de la bonne viande à déguster…

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