3ème semaine : De Liginiac (19) au Falgoux (15)

Traversée du Plateau de l’Artense vers le Parc naturel des Volcans d’Auvergne 156 km

Vaches Salers à la croisée des chemins

Vaches Salers à la croisée des chemins

Cette semaine a débuté par un changement de département et de région. Nous sommes passés de la Corrèze (19) en Limousin au Cantal (15) en Auvergne. Bort-les-Orgues, où  coule la rivière de la Dordogne marque la frontière entre les deux départements. Le Cantal est une terre hospitalière.

Sophie Sultan, Pedro Rahan dans les estives

Sophie et Sultan, Pedro et Rahan dans les estives.

Dès le début, grâce à l’office de tourisme de Bort, nous sommes accueillis sur le terrain de rugby du Passadoux à Lannobre pour notre premier bivouac. A chaque jour, son lot de rencontres : les cantaloux nous arrêtent sur le bord des routes lors de notre passage. D’abord, il y a cette grand-mère qui nous lance « Vous êtes admirables! » en ouvrant de grand yeux. « C’est bien car au moins, vous, vous avez le temps de discuter. Les autres, en voiture, il ne s’arrêtent pas ». Elle a raison cette grand-mère car nous avons justement choisi de nous déplacer à pied et à cheval pour laisser place aux rencontres. Puis, nous croiserons le chemin de Nadine et Jean-Pierre du « manège enchanté » qui nous ont accueillis au moment même où l’on se disait que l’on aurait bien pris une bonne douche, parfois le hasard… Le hasard des rencontres, c’est aussi ce couple d’éleveur de Salers, Patrick et Graciella, des parisiens qui ont réussis leur reconversion. La cour est bien tenue, l’étable est belle et les clôtures au carré. Ils ont échangés avec nous sur leur élevage, la vente directe et le choix du Cantal pour s’installer à la fois, pour la qualité de vie et le bien-être des enfants. Il y a eu encore la vieille « Tantine » et sa nièce qui nous ont offert un carré d’herbe pour y mettre nos chevaux et notre tente. Tantine, ça lui a mis du baume au coeur cette rencontre. Ca lui a rappelé de vieux souvenirs. Avec des petites étoiles dans les yeux, elle nous a raconté que c’est dans ce pré que son mari, aujourd’hui décédé, gardait son cheval de trait. Il s’appelait Mignon, il était noir avec une étoile blanche sur le chanfrein. A Condat, sur un chemin entre deux pâtures, nous avons croisé Jean-Michel, ancien accompagnateur dans une écurie de randonnée et membre actif du Comité Départemental de Tourisme Equestre. Il nous a proposé une pause rafraîchissante et nous a indiqué le chemin de la piste équestre jusqu’à Salers. Au camping de Condat, Jojo et Hélène, les gérants, nous accueillent avec le sourire. Ils prennent soin de nous et se débrouillent pour nous trouver une petite place pour nos chevaux. Enfin, un soir d’orage où nous étions trempés jusqu’aux os, Gino, un homme âgé de 90 ans, originaire des Dolomites en Italie, nous prête son terrain devant sa maison pour installer le bivouac et nous propose de faire sécher nos affaires dans sa grange. Toutes ces personnes nous ont offert un moment de vie, d’échange, parfois même un toit. Des regards croisés, des sourires, de l’attention, bref de la simplicité et de l’authenticité, les cantaloux sont accueillants.

Sultan à flan de volcan

Sultan à flanc de volcan

Le Cantal, c’est aussi une nature forte avec des hauts plateaux où broutent de jolies Salers qui portent des cornes imposantes et de grosses cloches retentissantes. On commence à marcher dans la montagne. On sent le changement, il y a du dénivelé. Ca grimpe, parfois 500 voire 1000 mètres. On gagne en altitude. Les estives sont entre 1200 et 1500 mètres. Nous avons donc aussi quelques passages difficiles en forêt avec des rochers, et des arbres très serrés, ce qui peut poser problème avec nos sacoches. Les chemins traversent de nombreuses pâtures d’élevage. Certains, n’aimant peut-être pas les randonneurs, s’octroient parfois le droit de fermer purement et simplement les GR. Cela nous obligent à contourner par la route ou à chercher d’autres pistes au risque d’allonger un peu, voire beaucoup les distances. Nos chevaux se donnent à fond car nous parcourrons jusqu’à 35 km en une journée avec des passages difficiles, des pentes fortes et une température qui a frôlé les 30° en fin de semaine. Mais, ce sont des ariégeois, des gros durs aux coeurs tendres, des Mérens HPS qui plus est. Ils sont braves. Alors ce n’est pas ça qui va leur faire peur. Sultan et Rahan marchent bien, ils savent aussi se reposer le moment venu.

Sultan scrute l'horizon

Sultan scrute l’horizon

Rahan à la sieste

Rahan en pleine sieste au lac des cascades de Cheylade

Le Cantal sait cultiver son terroir. Les Hommes et la Nature ont su y trouver un bel équilibre. Grâce à la pierre volcanique, les murs et les toitures forment de solides constructions. Dans les burons, placés sur les haut plateaux dans les estives, les paysans élèvent depuis des générations la vache Salers surtout et un peu l’Aubrac pour leur viande mais aussi pour leur lait. Ainsi, plusieurs fromages AOP sont fabriqués dans cette zone: le Cantal (Fromage à pâte pressée non cuite au lait pasteurisé), le Salers (Fromage à pâte pressée non cuite au lait cru) et le « Salers Tradition » (un fromage Salers produit d’Avril à Octobre, exclusivement avec des vaches de race Salers). Dans ces montagnes, les habitants récoltent aussi de la gentiane pour  distiller leur alcool local. On trouve aussi du vin, produit avec un cépage local le Fer Servadou.

Vue d'un Buron à l'autre

Vue d’un Buron à l’autre

Maison en pierre à Cheylade

Maison en pierre à Cheylade

Le Cantal est riche de ses habitants, de sa nature et du mélange qui en résulte. Cet équilibre entre l’homme et la nature est à préserver. Il faudra trouver les moyens de perpétuer toutes ces traditions et savoirs-faire pour sauvegarder et transmettre ce beau patrimoine.

Panorama de colline et vaches Salers

Panorama de collines et troupeau de vaches Salers en estive

 

Et bien-sûr, vous pouvez découvrir en ligne la video du troisième épisode de la saga Voyage en Marche :

 

 

 

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Commentaires du site

  1. Guillaume Watel
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    Bonne route à tous les deux (ou à tous les quatre 😉 !!!)
    Que cette aventure vous offre de merveilleuses rencontres.
    Bravo à vous. Votre projet est tellement inspirant…
    Amitiés.
    Guillaume

    • Pedro et Sophie
      Répondre

      Merci Guillaume pour tes encouragements. Nous continuons notre marche, déjà plus de 600km. Amitiés Pedro et Sophie

  2. BORIE CHALARD
    Répondre

    Je me régale à vous suivre! J’espère que tout continue à bien se passer avec toujours de belles rencontres.
    Je vais envoyer le lien vers votre site à mes amis randonneurs et voyageurs.
    Bonne continuation. Nicole BC

    • Pedro et Sophie
      Répondre

      Oui Nicole tout va bien. Le chemin nous a fait passé par Salers, puis Laguiole, des monts du Cantal vers l’Albraque, c’est magnifique par ici. Il faudra y venir randonner avec vos amis. Amicalement
      Pedro et Sophie

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