Du 15 au 31 mars : de Puerto Montt à La Paz 4 000 km en bus

Après notre escapade dans le parc Nahuel Huapi et le passage à pied de la frontière chilienne jusqu’à Ralùn, nous avons rencontré quelques difficultés pour faire tamponner notre visa d’entrée au Chili. Comme souvent dans ces situations kafkaïennes, nous avons été ballotés de services administratifs en services administratifs. Après une première visite aux carabineros (douaniers) de Puerto Varras pour expliquer notre cas, nous avons été envoyés à la police departementale d’investigation (PDI) de Puerto Varras qui nous a recommandé de retourner aux carabineros pour obtenir un document certifiant que nous avions bien passé la frontière à pied par le col de Vuriloche. Les douaniers nous ont ensuite envoyé à la PDI de Puerto Montt, une ville à environ une heure de Puerto Varras. Les policiers ne savaient pas trop quoi faire de notre cas. Plutôt que de tamponner le visa d’entrée, ils ont entrepris une procédure dite de « regularisation » de notre situation, considérant par la même que nous avions en fait commis une infraction. L’histoire, qui au début prêtait à rire, pris alors des proportions qui nous dépassaient un peu. Nous avons été pris en photo comme si nous étions les supects n°1 d’un délit. D’autant que de notre point de vue nous n’avions rien à nous reprocher puisque rien n’interdit en soi de franchir la frontière à pied, qui plus est par un col habilité avec un poste de douane. Devant le zèle inquiétant du sous-commissaire de police, nous décidons de prévenir l’ambassade française. En attendant, nous prenons notre mal en patience. La ville de Puerto Montt n’est pas franchement propice à la farniente. Heureusement, lors d’une de nos nombreuses visites au service des étrangers du ministère de l’intérieur, pour suivre l’avancée de notre dossier, nous faisons la connaissance d’Amanda, une jeune femme au grand coeur. Pleine d’empathie face à la situation ubuesque dans laquelle nous nous trouvions, elle décide de nous héberger le temps de notre séjour « forcé » ici. Nous acceptons avec plaisir, soulagés de quitter notre petite chambre d’hôtel un peu lugubre et cette ville portuaire peu rassurante. Amanda nous accueille comme si nous étions de la famille. Nous faisons la connaissance de son mari, Oscar qui travaille dans l’élevage de saumons et des ses deux petites filles, Lucia et Rocio. Nous sommes chouchoutés si bien que notre mésaventure est finalement mise à profit d’une très belle rencontre. Grâce à l’action très efficace de notre ambassade, moins de 48h après notre demande à l’aide, notre affaire est réglée avec, s’il-vous-plaît, les excuses du Commissaire dans un français balbutiant. Pour notre dernière soirée et afin de remercier nos hôtes, nous préparons un festin de crêpes, accompagnées du traditionnel dulce de leche (confiture de lait) et du pêché mignon d’Amanda, le nutella! La recette de crêpes de Mr Joël Robuchon a encore eu son petit succès.

Mendoza Mosaïques des jardins

Mendoza Mosaïques des jardins

Mendoza fontaine de jardin

Mendoza fontaine de jardin

Nous voulons maintenant rejoindre la Bolivie pour continuer notre marche à travers la Cordillère andine et l’Altiplano. Un long trajet en bus de 4 000 km nous attend pour remonter une partie du Chili puis l’Argentine. Pour rendre ce voyage moins pénible, nous organisons deux étapes. Le premier arrêt nous permet de visiter Mendoza en Argentine. Dans cette ville animée, il règne une certaine douceur de vivre, avec les larges avenues et les nombreux cafés et terrasses ombragées. La région est connue pour ses propriétés viticoles qui produisent les meilleures vins du pays. C’est un point de départ idéal pour ceux qui veulent faire la tournée des vignobles. Notre auberge dépend d’ailleurs d’une propriété viticole et nous sommes abreuvés au Malbec tous les soirs à volonté. Sic! La journée nous flânons dans les parcs, nous reposant près des magnifiques fontaines qui ornent les places. La mosaïque, très présente, donne aux lieux, un petit quelque chose de l’Andalousie. Après Mendoza, nous faisons un arrêt à Salta. Le décor a bien changé. Le nord-ouest de l’Argentine, très aride, dévoile des paysages andins minéraux. L’identité culturelle des peuples andins est très marquée. Nous croisons beaucoup de communautés indiennes et découvrons leurs tenues vestimentaires colorés. La ville est agréable. L’architecture coloniale est, plus qu’ailleurs, très bien conservée. Nous arrivons en pleines festivités de la semaine sainte. Nous assistons à une grandiose cérémonie sur la place principale et dans l’imposante cathédrale San Franciso, impressionnés par la ferveur religieuse des argentins. Des reconstitutions de scènes de la passion du Christ se jouent au détour des ruelles, mettant en scène les villageois dans des costumes de fortunes. Nous ne pouvons pas nous empêcher de plaisanter en remarquant que la perruque de Jesus Christ ressemble à s’y méprendre à la chevelure de Dalida… Nous ne quittons pas la ville sans avoir goûté aux spécialités locales : les empanadas, petits chaussons farcis de viande, frits ou cuits au four et les humitas, une crème de maïs cuit à la vapeur dans une grande feuille de maïs.

Salta Art de rue

Salta Art de rue

Salta jardin public

Salta jardin public

Salta place

Salta place

Hotel de Salta

Hotel de Salta

Salta musée

Salta musée

Salta Art de rue

Salta Art de rue

Cathédrale de Salta

Cathédrale de Salta

Boucherie dans les halles de Salta

Boucherie dans les halles de Salta

Pour rejoindre La Paz en Bolivie, nous faisons un dernier voyage en bus, sans nul-doute, le plus épique. 25 heures au total avec une pause de 8 heures dans la ville frontière de Villazon en Bolivie. Durant ce trajet, nous traversons l’Altiplano bolivien. Nous découvrons les paysages désertiques que nous emprunterons bientôt à pied, l’occasion de se faire une idée de notre futur terrain de jeu. Notre bus roule à vive-allure au milieu des canyons de roche brune, passant des hameaux abandonnés, slalomant parfois au milieu d’un troupeau de chèvre. Bien evidemment pas de clim ni de chauffage, la journée nous cuisons sous le soleil brûlant, la nuit, le froid s’infiltre partout et nous devons nous emmitoufler dans nos doudounes. Pour aller aux toilettes, il faut compter sur les arrêts du chauffeur, toutes les 6 heures environ! Vers 2h du matin, nous faisons un arrêt sur un haut-plateau au bord de la route. Engourdis par le froid et les mauvaises positions que nous prenons pour essayer de dormir, nous descendons quelques minutes. Nous sommes à 4 000 mètres d’altitude, le ciel nocturne dévoile une magnifique voûte étoilée. Un petit pipi dans la pampa et c’est reparti! Nous arrivons à La Paz au petit matin. La capitale de la Bolivie s’etend en bordure de la Cordillère royale, entre 3 600 et 4 100 mètres d’altitude. Plus on est riche, plus on habite bas. Les favelas se concentre dans le quartier El Alto, immense amas de briques rouges, perchée tout en haut de la cuvette. L’oeil du voyageur est tout de suite attiré par l’imposant sommet enneigé de L’Illimani qui domine la cité à 6 465 mètres d’altitude. La Paz épuise et intrigue. Mieux vaut avoir le coeur bien accroché et les poumons en pleine santé pour s’attaquer à la découverte des ruelles escarpées. Avec l’altitude, chaque virée tourne à un entrainement sportif digne des meilleurs athlètes. Nous suivons les sages conseils prodigués par touts les experts des cimes et ne faisons que nous reposer les trois premiers jours, alternant courte sortie en ville pour se sustenter et sieste. Peu à peu, le mal de tête s’estompe et le souffle se fait moins court.

La Paz Art de rue

La Paz Art de rue

La Paz lundi de pâques

La Paz lundi de pâques

La Paz Cathédrale St François

La Paz Cathédrale St François

Entrée de a cathédrale Lundi de Pâques

Entrée de a cathédrale Lundi de Pâques

Travail difficile dans les rues pentues de La PAz

Travail difficile dans les rues pentues de La PAz

Nous nous immergeons dans la cité grouillante, un mélange de Calcutta et de Kathmandou à la sauce andine. Nous nous imprégnons des marchés colorés du centre, amusés de découvrir les étals des « sorcières » indiennes avec leurs foetus de Lama momifiés (un porte-bonheur très recherché que l’on enterre dans son jardin pour s’assurer la félicité… On prend les commandes pour ceux que ça tente!), leurs herbes médicinales, leurs petites statuettes gri-gri et autres objets rituels. Les cholas, femmes bolivienne porte la tenue traditionnelle des indiens Aymaras : une robe avec de nombreux volants donnant beaucoup de volume, l’aguayo, une pièce de tissu rectangulaire bariolé qui sert à porter tout un tas de choses dans le dos ( nourritures, linge, ou bébé ), le bombin, un chapeau melon de feutre noir, porté très haut sur la tête, et leur longue chevelure noire toujours coiffée de deux impeccables et longues tresses qui sont reliées l’une à l’autre à la pointe par une attache en laine d’alpagas. Les marchés recèlent bien des trésors. C’est simple, on peut tout y trouver. La Plaza San Franciso est le coeur vibrant du centre avec son église coloniale et ses petits restaurants de rue. Nous mangeons avec les locaux dans les comedores du marché Lanza, des micro-restaurants tenus par une chola dans un espace de 6 m2 où l’on se serre à une quinzaine de convives sur des bancs étroits. On vient ici pour se restaurer du menu unique affiché à l’entrée pour 10 bolivianos (environ 1,30 euros) : un grand bol de soupe de quinoa et légumes, suivi d’un plat de riz ou de pâtes accompagnés de crudités, de viande ou de lentilles. Pas cher, copieux et dépaysement garanti!

Jour de marché rue Illampu

Jour de marché rue Illampu

Les Cholitas sur une place de La Paz

Les Cholitas sur une place de La Paz

Art de rue La PAz

Art de rue La PAz

Petit restaurant des halles

Petit restaurant des halles

Les cholitas

Les cholitas

La vie au quotidien de la Paz

La vie au quotidien de la Paz

Nous profitons aussi de ces quelques jours de vie citadine pour préparer la suite de nos aventures. Après ces 4 000 km en bus, nous avons hâte de reprendre notre mode de déplacement préféré: nos pieds! Il a fallu de la persévérance pour trouver toutes les cartes dont nous avions besoin, télécharger, avec un débit d’une lenteur peu commune, quelques tracés GPS, demander une prolongation de visa de deux mois, faire nos courses de ravitaillement dans le marché tentaculaire qui s’etend sur une dizaine de rues avec chacune sa spécialité (la rue des céréales, la rue des fruits et légumes, la rue des aromates…). Nous sommes maintenant fin prêt pour nous lancer dans la première étape de ce voyage à pied de deux mois en Bolivie. Cap sur la Cordillère des Andes! En route les amis!

Hommes et oiseaux

Hommes et oiseaux

Place Murillo

Place Murillo

Art de rue La Paz

Art de rue La Paz

Retour de l'école

Retour de l’école

Chaque déplacement est une ascension à La Paz

Chaque déplacement est une ascension à La Paz

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Commentaires du site

  1. claire
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    Cc. Les photos sont superbes et malgres les aléas de l administratifs vous profitez de votre long voyage. Cap sur la Bolivie, faites nous rêver! Bises

  2. Nicole BC
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    Puerto Montt, Mendoza, salta: je retrouve des étapes de notre voyage en Argentine et Chili en 2011, 2012. Mais nous avions franchi plusieurs fois les frontières en bus donc sans pb!
    Et La Paz, nous y serons bientôt!! Nous partons du 24.04 au 30.06 au Pérou et Bolivie! Qui sait, nous allons peut-être nous rencontrer!!
    Bonne continuation.
    Nicole (et Yvon)

    • Pedro et Sophie
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      Allez si vous croisez des randonneurs sur l’altiplano ce sera peut être nous. Nous vous suivons sur votre blog. à bientot

  3. Anne & Oswald
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    hello ! ici les têtes de mulet ! Alors les histoires administratives, c’est partout. Nous, c’était pour les paperasses des chevaux, en Roumanie… Où on voulait nous envoyer au service d’immigration ! Ça n’a pas été jusqu’à nous prendre en photo… Parlant de photos, les vôtres sont un régal. Nous, nous sommes dans la Puszta hongroise en ce moment, c’est un peu plus plat que les Andes… On vous suit toujours avec beaucoup de plaisir…

  4. dumont saint priest
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    en plein agnelage et grace a vous on voyage encore …Géniales les photos ! etienne et fanfan D S P

    • Pedro et Sophie
      Répondre

      Merci les amis. J’espère que les agnelages se passent bien. Il faut des Baronets…

    • Pedro et Sophie
      Répondre

      Ha ha! On la garde bien précieusement celle-là… Concours de crêpes à l’île de Ré 😉

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